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LIEN vers les PEN dans le monde


Les PEN dans le monde : [http://www.pen-international.org/la...]


Partenariat autour du projet Ilkiaz : Textes de S. Emre Özen, de Alican Şahin et de İsmail Palıt

Récit sans titre de S. Emre Özen

Dès lors que les voix s’épuisent et que les mots sont capturés, renaît une toute nouvelle saison des débris des murs obscurs en béton

Soudain, son sommeil fut troublé par le battement des ailes d’un oiseau dont une aile était coincée dans le passé. À l’ombre des mers agitées par son corps qui se tournait et retournait dans le lit, et qui était complètement enveloppé dans une couverture de rêve qu’il tricota avec des atlas, il ferma les yeux fortement en ignorant le cri du sifflet du bateau qui résonnait dans ses oreilles, comme s’il était dans le cachot de ses cils. Il tira la couverture sur lui, enfouit sa tête sous les montagnes. Plus il voulait échapper au sifflet de navire, plus le son perçant du sifflet augmentait, grandissait ; et ses paupières ne pouvaient plus alors se battre contre ses yeux.

Enfin, ses yeux s’ouvrirent, les mers se retirèrent, l’oreiller sur lequel il posa sa tête et qu’il imaginait être une montagne, tomba au sol. Il se frotta les yeux avec ses doigts qui sentaient la cendre. Il prit appui sur le côté métallique du lit pour se lever et mit adroitement ses pantoufles au premier essai sans regarder, puis se dirigea vers la cuisinière à petits pas et éteignit le feu au-dessus duquel l’eau bouillait. La voix qui l’avait rendu fou s’interrompit enfin. Il but une gorgée d’eau du verre qu’il avait rempli le soir précédent. Il s’assit sur sa chaise en contournant le bruit de l’eau gouttant du plafond et alluma sa cigarette. Sans se soucier d’une poignée de personnes qui s’agitait autour de lui, il se concentra sur le son du papier à cigarette brûlant et souffla vers la fenêtre l’odeur d’humidité mêlée à la fumée de tabac qu’il ressentait pénétrer au fond de ses poumons. Ensuite, après avoir obscurci à travers un gros nuage de fumée de tabac la lumière du jour filtrant vaguement par la fenêtre, il se plongea dans une profonde réflexion.

Il ne pouvait se connecter au monde extérieur qu’avec des possibilités limitées. Comment pourrait-on résister à un tel endroit ? Surtout, sans se rebeller même un instant ! À quoi s’attache-t-on en ce lieu ? À l’amour ou sinon aux habitudes ? Ou à un objectif plus important que tout cela ? Tout ou rien ? Il prétendait toujours ne pas être curieux du lendemain. Mais continuer à vivre, cela ne signifie-t-il pas être curieux du lendemain ? Alors qu’il cherchait des réponses à toutes ces questions, ses paupières qui luttaient contre le sommeil ne purent finalement pas résister. Il posa sa tête sur ses bras croisés et s’endormit de nouveau sur la table.

Il ouvrit les yeux au bout de quelque temps, avec le contact des petites mains odorantes qui parcouraient son visage avec douceur. En face de lui, se trouvait le meilleur garçon du monde, celui au grand cœur. Le garçon voyant qu’il se réveillait, commença à s’enfuir en courant avec un sourire espiègle sur son visage. Il se frotta les yeux avec ses doigts sentant la cendre et se leva de sa chaise. Après qu’il ait mis adroitement ses pantoufles au premier essai sans regarder, il suivit à petits pas l’odeur de la fouace chaude qui se répandait dans toute la maison en contournant le bruit horripilant du robinet qui goutte qu’il oubliait toujours de réparer et entra dans la cuisine. Il éteignit le feu de la cuisinière sur lequel la théière bouillait ; et il se souvint un instant du sifflet de navire criant chaque fois que le bateau accostait au port, lors de la longue croisière qu’il fit avec la femme qu’il aimait.

Traduit par Halil Gediz, un membre du conseil consultatif d’Ilkyaz.

*

Prénom - Nom :

Alican Şahin

Age : 18

L’histoire la plus connue de Fidèle qui parle toujours des dieux dans sa poésie, qui est sourd d’une oreille et qui découvre que sa maison sera mise sous séquestre alors que la prophétie ne s’est jamais réalisée.

« J’ignore ce qu’il se passera Ce que je sais qui va arriver J’en suis sur que ça arrivera. »

Petites rougeurs sèches visibles sur le corps de Fidèle Il ne pèse plus autant qu’autrefois. À part de son souffle Ne gonfle plus sa poitrine Il avait une fois entendu un maître parler de l’Homme ; On dit que la balance ne marche pas au jour de noce.

Il regarde aux visages, tombe dans les vues brisées et rêveurs. Cherche-t-il la dette mais tombe sur le poignet endetté. Fidèle trouve que son destin ressemble à la géographie ; Entouré par entité en trois façades, Ses flammes brûlent plus fortes chaque saison. Il rit, quand même. Il rit de toute façon. Regarde-t-il aux jambes des femmes, puis fait honte à lui-même. Il saisit les habits de chaque femme qu’il connaît. Même au sommeil est-il endetté Ses rêves effondrés par milles repentances.

Fidèle connaît, Fidèle connaît tout… Il a des pages, des étoiles qu’il range et déchire ; Il a des ballades, ses propres fontaines au paradis. Riche, est-il, plus riche que nous tous dans son bonheur. Eh bien, on ne sait pas le saisir de lui.

- D’une voix forte- Ah Fidèle, le pécheur ! Tes péchés réveillent les dieux de leurs sommeils. Les sept péchés toujours présents dans ta poésie. Et une fois que nous saisissons ce que nous voulons, Qu’est-ce qu’il te reste de tes délires agités ?

Fidèle reste silencieux, mais il sait. Un seul caractère, un héritage familial, Fidèle n’abandonne jamais ; Les êtres ne le séduisent Les bâtiments détruisent alors qu’ils le défient.

Fidèle est coincé. Fidèle est destiné aux menottes rouillées. Lorsqu’il voit que ses réponses ne suffisent plus, Il s’approche de la voix haute.

« J’ignore ce qu’il se passera Ce que je sais qui va arriver J’en suis sur que ça arrivera. »

Fidèle est sauvé.

- Alors une voix haute s’élève de la voix tranquille des dieux-

La saisie est conclue. Les pareils de la peur sont fournis au condamné.

*

Poème de İsmail Palıt

Si tu le prends pour le paradis et y entres, Tu seras déçu. Comme il n’est pas blanc tout brillant. Mais plutôt gris, et plus de bleu.

C’est une spirale. Des rues emmêlées, des mains et des jambes, Des fleuves, des voix, des vies… C’est un carrousel, impossible à s’échapper. Une horloge, lisse comme huile. Une horloge, peu après deux heures. La rue sous mes pieds ne s’arrête jamais. Les voix me saisissent une par une. J’entends toutes ensemble.
- Tic Tac Tic Tac- Et puis les marches, Une par une. Quelqu’un passe devant moi. Et encore quelqu’un d’autre, Et quelqu’un d’autre. C’est une foule d’humains. Une toute petite fraction de la foule la plus grande. Je monte les marches.
- Tic Tac Tic Tac-

La femme a avancé à mi-chemin. Puis elle s’est écroulée sur deux étroites marches. Une main au sol sous son épaule, L’autre tenue au ciel, mon regard la suit. Elle tiens de l’argent, cette main, 2,5 livres turques. 2,5 de pain, 2,5 de jours entre les paumes de la femme. Il ne suffit pas, apparement, car la main est encore tendue. Regard de la femme est fixé au sol. Voit-elle ? Elle semble à voir, mais regarde-t-elle ? Non, on dirait. La femme attend, comme elle a fait tout inconsciemment. Elle attend, comme la conscience n’avait jamais existé. Elle attend -Tic Tac Tic Tac- Et puis dans ses paumes se trouvent 3 livres turques, 3 pain, 3 jours. Puis 5 livres turques. Puis 10.

Ces deux marches ne restent longtemps sous mes pieds non plus. Je monte et marche devant. La femme n’existe plus, comme elle n’avait jamais existé. Elle n’est que partout où je pense à elle…

Je pense.

Une horloge, presque 12 heures. Le mercredi se lève calmement de son pouf ; de la grande fleur de Kızılay. Et jeudi s’approche de loin, Il est épuisé, en route depuis une semaine. La femme s’élève suivant le mercredi. Elle compte suffisamment de pain au sein des piles dans ses paumes. Les yeux de la femme fixés au bus, elle regarde cette fois. La bouche de la femme est chez-elle, elle ne parle toujours pas. Les enfant courent partout, Et ils ne font que courir. Les enfants ne savent rien, Les enfants entièrement vilains. Ecoute-elle, la Femme, mélange-t-elle toutes les voix.
- Tic Tac Tic Tac- Ses yeux percent le noir. Elle semble à voir dans le noir. Ce qu’elle voit, n’est certainement pas ce qu’elle veut voir.

La femme reste indifférente, comme elle a perdu toute ses espérances. Elle reste, comme l’espérance n’avais jamais existé. Cette nuit, les yeux de la femme se ferment pour la dernière fois. Les yeux de la femme lesquels Si tu prends pour le paradis et y entres, Tu seras déçu. Comme ils ne sont pas blancs tout brillants. Mais plutôt gris, et plus de bleu.