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BLED : Contribution de Sylvestre CLANCIER

jeudi 19 mai 2016

SYLVESTRE CLANCIER Pour la table ronde sur la stupidité

Si les hommes sont incapables de tirer des leçons de l’histoire est-ce parce qu’ils sont stupides ? Et l’intelligence de ce qui se passe aujourd’hui dans le monde permettrait-elle d’y remédier ?

Une remarquable essayiste, Belinda Canone, membre de notre centre PEN français, a écrit et publié il y a quelques années un ouvrage stimulant de fraicheur et de lucidité intitulé « La Bêtise s’améliore » Il ne s’agit pas dans cet essai d’incriminer une nouvelle fois la sottise dans sa large existence, mais l’attitude de ces gens éclairés qui, ayant les moyens de s’informer et de se cultiver, sont pourtant victimes du préjugé, du lieu commun et de toutes sortes de travers intellectuels qu’ils contribuent à distiller dans l’opinion contemporaine. En 36 brefs chapitres, La bêtise s’améliore aborde l’amour, la politique, l’économie, l’art, la morale, l’école, la langue, le désir, le bonheur, en mettant en scène un dialogue entre trois personnages : Gulliver, l’homme en colère, moteur de cette réflexion, son ami le narrateur, indulgent et curieux, et Clara, la fiancée du narrateur, qui tire plutôt la réflexion vers la philosophie morale. Il n’y a pas de remède définitif au conformisme : on doit juste se montrer toujours vigilant et cet ouvrage veut y contribuer en étant un appel à la responsabilité intellectuelle. D’abord éloge de la liberté d’esprit, il aimerait nous mettre en garde contre la pétrification de la pensée qui nous menace à tout moment. Il est vrai que nous pouvons relever chaque jour de nouvelles preuves de cela. J’écoutais, par exemple, ce matin à la radio, une réflexion d’une journaliste qui se demandait s’il valait mieux nommer « internet » avec une majuscule « Internet » ou dire plutôt « l’internet », comme l’Académie française le recommande. Finalement, un internaute tranchait le débat en disant que Georges Bush avait eu raison de dire « les internets » puisque maintenant on constate qu’il y en a plusieurs grâce notamment aux remarquables « progrès » exercés par des régimes dictatoriaux en matière de censure. Tout cela laisse rêveur, n’est-ce pas, quand on pense à tous les sérieux et graves sujets de préoccupation qui devraient être celui des gouvernants et des médias aujourd’hui : par exemple l’impuissance des Etats membres de l’ONU à se doter des moyens qui permettraient à cette organisation d’être réellement utile à l’établissement d’une culture de la Paix dans le monde, ou, autre exemple, avoir une approche planétaire globale et humaine ,donc digne, des mouvements migratoires sur la planète qui vont de plus en plus s’amplifier, compte tenu des famines, des guerres, du réchauffement climatique etc. ou encore, autre exemple, tenter de bâtir une politique énergétique mondiale propre fondée sur les énergies renouvelables et sûre (excluant progressivement le recours à l’énergie nucléaire). Les exemples de ce qui devrait être le bons sens abondent, mais les hommes semblent faire comme s’il était impossible d’agir avec bon sens. Est-ce parce qu’ils sont stupides ? Ou plutôt parce qu’ils choisissent délibérément de jouer à être stupides ou bien encore parce qu’ils ne peuvent faire autrement que d’agir stupidement. De fait, on a constaté que les humains ne tiraient jamais les leçons de l’histoire, il suffit de regarder les catastrophes guerrières du 20è siècle : on avait dit que la terrible 1ère guerre mondiale serait la « dère des dères » c’est-à-dire la dernière, et l’on a vu ce qu’il est arrivé 20 ans plus tard. Il faut dire que les traités dits « de Paix » qui suivent chaque guerre, sont en fait des traités de guerre. N’a-t-on pas humilié et ruiné l’Allemagne par le traité de Versailles et la dureté de la « dette de guerre », n’a-t-on pas humilié la Hongrie en la dépeçant littéralement par le Traité de Trianon (et l’on voit renaître de ce fait un vrai nationalisme hongrois ces dernières années). Les Occidentaux n’ont-ils pas humilié la Russie après l’effondrement de l’URSS et après la Chute du Mur de Berlin et l’on voit aujourd’hui le nouvel impérialisme de la Russie s’affirmer. Plus grave encore en ce qui concerne les Balkans et les terribles guerres de la fin du 20è : Peu de gens lucides et honnêtes intellectuellement veulent bien reconnaître que Milosevic et sa garde rapprochée avaient mis en place et commencé à réaliser un véritable génocide contre les Croates, puis encore davantage contre les Bosniaques et peu reconnaissent que l’ONU a laissé faire et a donc été complice. Les livres de Peter Handke plaident même pour le contraire. Seul une remarquable romancière et essayiste française Louis Lambrichs s’évertue depuis quinze ans à le démontrer par des conférences et maintenant par un roman tout à fait dérangeant et surprenant tant sur la forme que sur le fond : Le Songe de Sonja édité par les éditions la rumeur libre en France. Alors en ce cas quel type de résilience peut –il exister ? Il y a déni de la réalité et cela ne facilite pas, bien au contraire, empêche même ou retarde toute forme d’apaisement. Freud avait raison de parler de Malaise dans la Civilisation et de dire qu’il y avait de l’impensé et donc que le retour du refoulé pouvait être terrible. Mon propos doit être placé dans le cadre de l’analyse de ce qui s’est passé dans le monde au cours des 25 dernières années, le monde est moins démocratique qu’il ne l’était il y a encore 10 ou 20 ans. En effet, il y a un quart de siècle on fêtait la chute du Mur de Berlin, Pinochet était en train de passer la main, en URSS, Gorbatchev levait la pression exercée jusqu’alors sur les pays satellites. En Afrique du Sud, Mandela sortait de prison. On voulait et pouvait croire qu’autocraties et répressions allaient disparaître, que les dictatures allaient être balayées et que le modèle de la démocratie libérale fondée sur la libre circulation des biens et des personnes stimulée par la conquête des libertés individuelles et la libre concurrence allait partout progressivement s’imposer. On pouvait penser que cette analyse, qui était aussi en quelque sorte une espérance raisonnable était la marque de l’intelligence même. On l’a encore un peu cru au tout début de ce que l’on a appelé les printemps arabes. Et puis tout s’est effondré, ce beau schéma s’est révélé un aveu de stupidité, c’est plutôt le contraire qui semble se mette en place depuis sept à huit ans. Dans 105 pays sur 195 états membres des Nations-Unies les libertés ont en fait reculé La tentation autoritaire est bien à l’œuvre, dans plusieurs pays européens, mais aussi en Turquie, en Russie, en Asie, en Afrique et en Amérique : il n’est qu’à écouter les virulents propos de campagne de Donald Trump aux États-Unis, s’il fallait encore s’en convaincre. Mais tout cela n’est peut-être que l’apparition d’une résurgence de l’illusion nationaliste et populiste. L’écrivain, essayiste, philosophe et poète, Michel Deguy, membre d’honneur de notre centre PEN l’a d’ailleurs très bien analysé dans un merveilleux petit essai intitulé L’état de la désunion qu’il a publié en 2010, avec la mention en sous-titre : Que dire à l’UNESCO ? Je me limiterai ici à résumer son propos qui fait sens dans le cadre de cette table ronde. Pour lui, nous sommes parvenus à l’apogée du capitalisme culturel et cela n’est pas encore compris par l’intelligence des sciences humaines et encore moins des politiques. Notre culture mondiale est devenue une culture du culturel. Cette « civilisation culturelle des cultures » se laisse entrevoir à travers l’épiphénomène du tourisme qui repose selon lui, je le cite, « sur l’insatiable curiosité réciproque, maintenant « interactive » des espèces humaines pour leurs patrimoines. » Il poursuit : la culture culturelle confie à l’UNESCO la patrimonialisation du monde, la comptabilité exhaustive et la « labellisation » de tels trésors de l’humanité, en vue de la monumentalisation et de l’exploitation du passé humain : labellisation qui devra mettre un terme à la babélisation. Ce que d’ailleurs ont très bien compris les talibans et les nouveaux terroristes d’Al quaida et à présent du Califat islamique « Daesh » en détruisant ces monuments labellisés. Ils entendent ainsi nier et détruire cette valeur en réserve, ces artefacts expressifs d’un génotype humain, ces prétendues racines, ces génomes de valeurs exigeant la reconnaissance universelle que précisément ces terroristes contestent. Réhabilitant ainsi la fameuse sentence d’Anaximandre glosée par Nietzsche et par Heidegger : « …Les choses doivent expier et être jugées pour leur injustice selon l’ordre du temps. » Telle est donc la contrariété principale de notre monde globalisé, « celle du défi à relever par une organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science, la culture du 21è siècle. » En fait, selon lui, la réserve des différences culturelles s’épuise dans son conditionnement pour le Grand Marché. Et si quelque nouvelle phase du capitalisme culturel est en gestation (elle l’est en fait) ce sera celle du passage du musée imaginaire au musée Virtuel et qui fait passer l’intelligence humaine sous le même régime sémantique qui soumet les voitures, les drones, les robots en général : l’intelligence humaine entre en « intelligence ». Ce point de vue qui ouvre des perspectives pour le moins excitantes, mais également inquiétantes pourrait amener à considérer la stupidité dans le cadre de cette table ronde, comme une forme de résistance à l’emprise du tout technologique et du tout biogénique. Il existe de fait une forme d’exaspération concernant l’idéologie des surpuissances qui consiste à croire et à faire croire que la mondialisation économique et technologique surmontera à chaque fois toutes les crises. Ainsi, pour Deguy, je le cite, certaines nations disparaitraient « dans leur intégration culturelle (par exemple dans l’aménagement de protohumanités en réserve dans la déforestation) ; les autres retournent à leur altérité inintégrable, à couvert des patriotismes, c’est-à-dire des identités géniques (pour ne pas dire raciales), raison dernière des conflits, des hominicides (prenant la forme moderne sans précédent des génocides, en attendant celle du géocide) ». La Raison dit Deguy bute sur l’identité. Il y aurait donc une difficulté de l’universel, voire une impossibilité : le genre humain retournant à la spécificité d’espèces séparées par de barrières. Est-il donc envisageable que la pensée humaine explore la possibilité inouïe d’une tolérance extrême qui accepterait l’altérité absolue de l’autre inconvertible ? s’interroge le philosophe, poéte. De fait, à défaut de parler de stupidité, nous pourrions parler d’illusion, ou comme le disait Freud de l’avenir d’une illusion qui ne semble pas pouvoir être dissipée facilement. Cette illusion qui est proposée par des idéologues de ce que l’on peut appeler « l’utopie mercantile » consiste à faire croire que « l’intense réciprocité échangiste de la curiosité des humains pour l’humain, doit finir par engendrer la complémentarité harmonieuses des économies-cultures dans la paix perpétuelle mercantile qui demeure l’archi-utopie philosophique ». Nulle dialectique ne pourrait nous sortir de cette aporie, mais plutôt un dialogue forcé prenant en compte la juste mesure de l’ écartèlement de ces altérités inintégrables. L’allergie réciproque des multitudes humaines spécifiées en « tout autres », totalement intolérantes à l’altération de leur identité et oscillant de l’indifférence ou du mépris, à la haine, sur une échelle qui va de l’altercation diplomatique à l’ethnocide (de quoi le sport est la mise en scène cathartique, ou les politiques d’immigration. Pour Deguy, et je partage son analyse, « l’horizon de l’universalité que tant de discours internationaux saluent comme une perspective atteignable recule non pas hors préoccupation, mais hors initiative véritable, » et de cela notre organisation »PEN International » est elle-même le plus parfait exemple. Il poursuit, « Le régime général de la prétention de chacun à la pureté, à l’enracinement, à l’autochtonie, à l’alliance avec un Dieu donateur, à l’intégrité, entraine les programmes de purification. L’intégrisme est l’avenir des multitudes, à l’échelle où chacune est plus ou moins homogène selon la langue vernaculaire, le type ethnique, les mœurs, la mémoire commune, tout ce qu’on entend par culture – dont la défense commande les guerres de religion, la haine préventive du prosélytisme des autres. Cela doit nous amener nous écrivains, philosophes, poètes, penseurs à radicaliser une nouvelle idée de la tolérance absolue, sinon nous serons jamais à même de commencer à entrer dans le « dialogue impossible et nécessaire ». C’est au nom de la même pensée que le philosophe Edgar Morin, pense qu’il est de son devoir de tenter ce dialogue forcé avec un penseur de l’islam aussi redoutable que Tarik Ramahdan. Il nous faut répondre non pas à la question de la stupidité, mais à celle du « mal absolu », le mal moderne radical se banalise et il avance toujours vers le pire que l’on croit toujours arrivé, mais que qui n’est que le prélude à un mal encore pire et ainsi de suite… Les manifestations du pire nous entoure aujourd’hui, aucune leçon de l’histoire du mal n’est jamais tirée, aucune d’ailleurs ne pourrait être efficace et opératoire, « performative » devrions-nous dire, le pire et toujours à attendre. Ce qui est remarquable dans l’analyse développée par Michel Deguy, c’est « qu’entre cultures et civilisations, le culturel, enjeu et terminologie à la fois le plus banalisés, le plus énigmatiques, le plus apocalyptiques, joue le rôle complètement équivoque de la médiation et de la pomme de discorde, au risque de la confusion définitive. » D’une part, la paix mondialisée, avec l’UNESCO comme moteur, multipliant les sauf-conduits patrimoniaux et les Journées mondiales consacrées à des « Universaux » (condition de la femme, protection des lieux, enfance maltraitée, poésie etc. On voudrait croire ou nous faire croire à une paix perpétuelle liée à une confédération des cultures, en conférence permanente. D’autre part la pandémie des haines, l’explosion des racismes de toutes sortes, trempés dans l’intégrisation religieuse de toutes les religiosités et culminant dans la guerre médiatisée contre le terrorisme (pour ne rien dire ici ajoute Deguy de ce que la dissension écologique nous prépare. Tout cela fait de l’UNESCO le chaudron de toutes les altercations, sécessions et surdités et de fait il nous est le plus souvent très difficile, pour ne pas dire impossible de ne pas les reproduire, malgré toutes nos belles déclarations de principe et chartes de toutes sortes, au sein du PEN International dont la matrice, ne l’oublions pas et UNESCIENNE. Sur le thème d u mensonge ou de la vérité et d’une certaine façon de nouveau, de la stupidité, d’autres développements sont possibles : • Un premier l’a été et de façon magistrale par un ancien juge français qui a décidé après treize ans d’exercice de la profession de juge d’instruction de démissionner de la magistrature, parce qu’il avait fini par comprendre que l’on ne pouvait jamais être certain de débusquer la vérité. Le mensonge, en effet, était pour la plupart des humains plus confortable, en outre, il était le plus souvent indétectable et de surcroit on préférait toujours entendre une parole fut-elle mensongère qu’un silence trop pesant. Cet ancien magistrat se nomme Laurent Lèguevaque et il a publié à ce sujet un excellent ouvrage intitulé Plaidoyer pour le mensonge, aux éditions Denoël, en 2006. Ainsi tenter de dire le vrai ou même dire le vrai pour un suspect présumé innocent, à savoir dire effectivement et expliquer qu’il est innocent est beaucoup plus difficile et même très souvent absolument impossible à faire entendre, comprendre et admettre à ceux qui l’interrogent (policiers et juges) que de tout simplement mentir. Grâce à sa longue expérience de juge, l’auteur reconnait que le mensonge est plus crédible que n’importe quelle vérité. En ce cas qui est stupide ? Est-ce l’innocent qui ne parvient pas à faire entendre la vérité ou le coupable ou bien le complice qui ment avec tellement d’aplomb ou tellement d’effets pathétiques qu’il en devient finalement sympathique et crédible ? Ou encore le juge qui s’obstinerait à se faire des illusions concernant la recherche de la vérité ? En tous cas cette expérience et cette confession surprenante de l’ancien juge tendrait à nous prouver qu’en ce qui le concerne il a cherché à ne plus être stupide, car la stupidité n’était pas du côté où on s’attendait à la trouver. • Pour terminer sur une note d’humour, nous pouvons prendre un autre exemple. Celui de la figure emblématique d’un poisson absolument fascinant sur lequel le temps ne semble pas avoir de prise. Vous aurez reconnu la carpe. Elle symbolise l’ignorance discrète, pour ne pas dire la stupidité. Mais, en fait, elle est grosse de tout ce qu’elle a pu ingurgiter comme le sont souvent les gens apparemment les plus simples et sa persévérance est peut-être plus féconde que l’agitation fébrile de la truite agile, certes, mais plus vite mortelle. Qu’en pensez-vous ? Sylvestre Clancier 13 avril 2016

Résumé de la conférence de Sylvestre Clancier Une essayiste, membre de notre centre PEN français, Belinda Canone, a écrit un ouvrage stimulant de fraicheur et de lucidité intitulé « La Bêtise s’améliore ». Il vient de paraitre en livre de poche (Pocket) Il y s’agit d’épingler l’attitude de ces gens éclairés qui, ayant les moyens de s’informer et de se cultiver, sont pourtant victimes du préjugé, du lieu commun et de toutes sortes de travers intellectuels qu’ils contribuent à distiller dans l’opinion contemporaine. En 36 brefs chapitres, La bêtise s’améliore aborde l’amour, la politique, l’économie, l’art, la morale, l’école, la langue, le désir, le bonheur, en mettant en scène un dialogue entre trois personnages : Gulliver, l’homme en colère, moteur de cette réflexion, son ami le narrateur, indulgent et curieux, et Clara, la fiancée du narrateur, qui tire plutôt la réflexion vers la philosophie morale. Il n’y a pas de remède définitif au conformisme : on doit juste se montrer toujours vigilant et cet ouvrage veut y contribuer en étant un appel à la responsabilité intellectuelle. D’abord éloge de la liberté d’esprit, il aimerait nous mettre en garde contre la pétrification de la pensée qui nous menace à tout moment. Il est vrai que nous pouvons relever chaque jour de nouvelles preuves de cela. J’écoutais, par exemple, ce matin à la radio, une réflexion d’une journaliste qui se demandait s’il valait mieux nommer « internet » avec une majuscule « Internet » ou dire plutôt « l’internet », comme l’Académie française le recommande. Finalement, un internaute tranchait le débat en disant que Georges Bush avait eu raison de dire « les internets » puisque maintenant on constate qu’il y en a plusieurs grâce notamment aux remarquables « progrès » exercés par des régimes dictatoriaux en matière de censure. Tout cela laisse rêveur, n’est-ce pas, quand on pense à tous les sérieux et graves sujets de préoccupation qui devraient être celui des gouvernants et des médias aujourd’hui : par exemple l’impuissance des Etats membres de l’ONU à se doter des moyens qui permettraient à cette organisation d’être réellement utile à l’établissement d’une culture de la Paix dans le monde, mais nous avons expliqué en nous fondant sur un essai remarquable de Michel Deguy que cela précisément était quasiment impossible, sauf à nous imposer à nous-même l’épreuve d’une tolérance absolue qui seule pourrait nous forcer au dialogue. Un autre exemple, consisterait à nous demander pourquoi nous ne parvenons pas à avoir une approche planétaire globale et humaine, donc digne, des mouvements migratoires sur la planète qui vont de plus en plus s’amplifier, compte tenu des famines, des guerres, du réchauffement climatique etc. Un autre exemple, consisterait à tenter de bâtir une politique énergétique mondiale propre fondée sur les énergies renouvelables et sûre (excluant progressivement le recours à l’énergie nucléaire). Les exemples de ce qui devrait être le bons sens abondent, mais les hommes semblent faire comme s’il était impossible d’agir avec bon sens. Est-ce parce qu’ils sont stupides ? Ou plutôt parce qu’ils choisissent délibérément de jouer à être stupides ou bien encore parce qu’ils ne peuvent faire autrement que d’agir stupidement. De fait, on a constaté que les humains ne tiraient jamais les leçons de l’histoire, il suffit de regarder les catastrophes guerrières du 20è siècle : on avait dit que la terrible 1ère guerre mondiale serait la « dère des dères » c’est-à-dire la dernière, et l’on a vu ce qu’il est arrivé 20 ans plus tard. Il faut dire que les traités dits « de Paix » qui suivent chaque guerre, sont en fait des traités de guerre. N’a-t-on pas humilié et ruiné l’Allemagne par le traité de Versailles et la dureté de la « dette de guerre », n’a-t-on pas humilié la Hongrie en la dépeçant littéralement par le Traité de Trianon (et l’on voit renaître de ce fait un vrai nationalisme hongrois ces dernières années). Les Occidentaux n’ont-ils pas humilié la Russie après l’effondrement de l’URSS et après la Chute du Mur de Berlin et l’on voit aujourd’hui le nouvel impérialisme de la Russie s’affirmer. Plus grave encore en ce qui concerne les Balkans et les terribles guerres de la fin du 20è : Peu de gens lucides et honnêtes intellectuellement veulent bien reconnaître que Milosevic et sa garde rapprochée avaient mis en place et commencé à réaliser un véritable génocide contre les Croates, puis encore davantage contre les Bosniaques et peu reconnaissent que l’ONU a laissé faire et a donc été complice. Les livres de Peter Handke plaident même pour le contraire. Seul une remarquable romancière et essayiste française Louis Lambrichs s’évertue depuis quinze ans à le démontrer par des conférences et maintenant par un roman tout à fait dérangeant et surprenant tant sur la forme que sur le fond : Le Songe de Sonja édité par les éditions la rumeur libre en France. Alors en ce cas quel type de résilience peut –il exister ? Il y a déni de la réalité et cela ne facilite pas, bien au contraire, empêche même ou retarde toute forme d’apaisement. Les altérités se veulent toutes plus radicales les unes que les autres, parce que « la Raison bute sur l’identité », comme le dit Deguy, dans un remarquable essai, L’état de la désunion. Freud avait raison de parler de Malaise dans la Civilisation et de dire qu’il y avait de l’impensé et donc que le retour du refoulé pouvait être terrible. Nous sommes dans l’avenir d’une illusion, alors que le mal devrait être observé en tant que mal qui toujours s’aggrave et amène un pire, suivi par une situation encore pire. Une éducation fondée sur la connaissance et le partage de la connaissance mutuelle des cultures suffirait-elle à remédier à tant de haines ? Et comment procéder ? Telles sont les questions qu’il nous faut concrètement affronter si nous ne voulons pas laisser le genre humain dans une impasse mortelle et mortifère.

Sylvestre CLANCIER

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