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L’EUROPE EXPLIQUÉE PAR SON MYTHE

jeudi 26 septembre 2013

PAR JEAN-PAUL SAVIGNAC

Europe est princesse d’Asie. Selon la légende grecque, Europè, la fille de Phoïnix (ou d’Agénor), roi de Phénicie, jeune et belle se promène avec ses compagnes sur le rivage de la mer. Elle plaît à Zeus qui se change en taureau blanc pour la charmer et l’approcher. Quand, par jeu, elle monte sur son dos, il l’enlève, gagne la Crète à la nage et, ayant repris sa forme, s’unit à elle près de Gortyne, sous un bosquet de platanes que l’événement rend à jamais verdoyants. Elle donnera naissance à Minos, Rhadamante et Sarpédon, puis épousera sur l’ordre de Zeus le roi de Crète.

Ce rapt divin, présumé connu d’Homère (Iliade XIV, 321), est à l’origine de la désignation sous le nom d’Europe des terres occidentales dont la Crète constitue une extrémité. De fait, dès le VIe siècle avant notre ère, les Grecs distinguent l’Europe de l’Asie. Nous devons donc à Zeus cette limite intercontinentale. Un siècle plus tard, Hérodote s’en étonne et observe que le continent européen n’aurait pas eu de nom avant l’éclosion de ce mythe, ce qu’il se refuse à croire tout en confessant son ignorance concernant l’origine du nom adopté pour cette partie du monde. Il ajoute : « On sait bien que cette femme, Europe, était une Asiatique, et qu’elle n’est jamais venue dans le pays que les Grecs appellent aujourd’hui l’Europe ; elle passa seulement de Phénicie en Crète et de Crète en Lycie. » (IV, 45). Réaction bien européenne, qui dénie le fait que l’Europe ait d’abord été vue avec les yeux de l’Orient et que son mythe précède son histoire et, pour ainsi dire, l’oriente vers son drame propre ! Aux IIIe et IIe millénaires, le bassin de l’Égée formait avec la façade maritime de l’Asie une banlieue du Proche-Orient. La civilisation de la Crète minoenne est un prolongement des cultures orientales attestées en Phénicie et en Égypte, et la légende d’Europe a conservé le souvenir de ces relations. La civilisation hellénique s’est plus tard appuyée sur la crétoise en utilisant son écriture et s’est renforcée après l’invasion dorienne du Xe siècle. Quelques siècles, et les poèmes homériques ont créé le mythe d’un hellénisme en lutte contre les civilisations asiatiques.

Dans la fable d’Europe, le taureau est emblématique de la Crète, et l’aïeul de l’héroïne, Bélos, c’est-à-dire Baal, dieu phénicien de l’abondance, caractérise le Proche-Orient. Le nom même d’Europè, dans lequel un Grec pouvait entendre quelque chose comme « Large-Regard » ou « Large-Visage » de euru- « large », et op- « regard, visage » (celui de la pleine lune, c’est-à-dire d’une déesse Lune asiatique ?) serait l’adaptation d’un mot sémite, Ereb qui possède plusieurs sens dont celui de « Soir » et de « Couchant » (cf. Hroub en arabe « Ouest, Occident »). Le nom Ereb s’oppose à celui d’As(s)u « Levant », d’où provient le nom Asie. Ainsi, la signification première d’Ereb/Europè, déesse créto-phénicienne, serait, dans une langue asiatique du Proche-Orient, celle d’Ouest. L’Europe s’est d’abord définie par rapport à l’Orient. Une trace de cela apparaît chez le sophiste Hippias d’Élis qui rapporte que Asia et Europè sont les deux filles aînées d’Océan. Mais entre les deux, Zeus, dieu européen, a choisi Europe. Autrement dit, les Européens se sont rêvés habitants d’une terre élue et fécondée par l’amour du premier de leurs dieux.

Ce mythe illustre le sentiment oriental que ceux de l’Europe étaient des gens de brume lointaine et d’exil, riverains de l’horizon que le soleil intersectait à la fin de sa course diurne, décentrés par rapport au Proche-Orient, seul foyer de civilisation. Contre cette vision dédaigneuse, les Crétois puis les Grecs ont voulu confisquer le prestige du Proche-Orient et se sont réellement disputé la maîtrise de la frontière censée séparer les deux continents. Cette dramatisation mythique a défini une posture conflictuelle de l’Europe vis-à-vis de l’Asie, et inversement de l’Asie face à l’Europe, comme a pu l’actualiser la tentative de Xerxès qui envahit la Grèce par l’Est et fit attaquer, à l’Ouest, la Sicile grecque par les Carthaginois restés fidèles à Tyr, leur cité mère.

Les peuples de l’Ouest se sont naturellement tournés vers le soleil levant, puisqu’il est à l’origine de leur détermination géographique : l’Occident voit le soleil après l’Orient ; il est l’Hespérie, l’espace vespéral, le Soir, l’Après-Jour. De cette secondarité sont nées en Occident deux postulations opposées : une attirance nostalgique pour l’est et le chérissement d’un repaire divin, le sol européen. Les gens d’Hespérie se sont tournés vers la source de la lumière solaire, comme, en sens inverse, la belle Europe, dont le teint, a-t-on pu dire, était sombre, s’est laissée attirer par le taureau éclatant de blancheur. L’Occident a regardé l’Orient, non que le spectacle du soleil couchant n’ait pas paru somptueux, mais c’est parce qu’une agonie est aussi triste qu’une naissance est joyeuse. Il est cependant apparu que l’ouest, malgré sa destinée lugubre, était à occuper comme une immensité bénie, quand l’est aurait été à conquérir.

Un beau texte de Guy de Maupassant dépeint la splendeur sanglante du soleil mourant dans la baie du Mont Saint-Michel. C’est l’image même de l’Occident plongeant dans son drame cosmique, le spectacle grandiose de la mort du soleil, au bord d’un finistère, comprenons : d’une fin du monde. Je l’avais vu d’abord de Cancale, ce château de fées planté dans la mer. Je l’avais vu confusément, ombre grise dressée sur le ciel brumeux. Je le revis d’Avranches, au soleil couchant. L’immensité des sables était rouge, l’horizon était rouge, toute la baie démesurée était rouge ; seule, l’abbaye escarpée, poussée là-bas, loin de la terre, comme un manoir fantastique, stupéfiante comme un palais de rêve, invraisemblablement étrange et belle, restait presque noire dans les pourpres du jour mourant. J’allais vers elle le lendemain dès l’aube à travers les sables, l’œil tendu sur ce bijou monstrueux, grand comme une montagne, ciselé comme un camée, et vaporeux comme une mousseline. Plus j’approchais, plus je me sentais soulevé d’admiration, car rien au monde peut-être n’est plus étonnant et plus parfait. (La Légende du Mont Saint-Michel, Contes et Nouvelles, Albin Michel, 1964, t. II, p. 1252)

Cette terre ultime, ensanglantée, ténébreuse, propice au déplacement, méritait d’être prise, faute d’Orient ou non. Elle le fut. Soumise au temps déclinant, elle se soucia, consciente d’être mortelle comme le soleil qui s’abîme dans son ciel, d’assurer des liens qui lui permissent de conjurer la fuite du temps ressentie comme une hémorragie de l’Être. La renaissance du soleil, à l’est, rendait l’entreprise possible ainsi que le montre le texte de Maupassant qui s’empresse, le lendemain, en narrateur sensible à cette dualité des couchants et des levants qui ne peuvent se concevoir l’un sans l’autre, d’admirer le Mont qui sort de l’aube. Alors l’Europe chercha à se fixer, à persister dans l’être en luttant contre l’écoulement des choses. Europè épouse le roi de Crète.

Car l’Europe était apparue comme une redoutable fin du monde aux yeux des grands rêveurs cosmiques occidentaux. J’en veux pour preuve l’épisode catastrophique des Lestrygons au cours duquel Ulysse, parvenu à l’escale cauchemardesque de Télépyle (« Porte-Lointaine »), voit ses compagnons périr pour avoir enfreint l’interdiction d’entrer dans l’espace où le soleil s’enfonce dans les flots de l’Océan avant de se retrouver de l’autre côté du monde précédé par l’Aurore. Fuyant la mort, en un seul jour de navigation, Ulysse aborde à l’opposé, à l’est, chez Circé, la fille du Soleil, comme si les extrémités du monde se rejoignaient.

Les Européens se sont aventurés à travers leur propre espace dans la crainte du mouvement cosmique pourtant inéluctable qui mène le soleil à l’agonie, du froid et du temps. Puis, à commencer par les migrations néanderthaliennes d’il y a 200 000 ans, ils ont reflué vers le Proche-Orient, l’ont envahi, révéré, fantasmé. L’épopée des Argonautes, la conquête d’Alexandre, l’empire romain, les Croisades…le fait que c’est en Orient que, selon le mythe rabelaisien, Merlin crée Grandgousier et Gargamelle, les parents de Gargantua, qui incarne à lui tout seul l’Occident et la Renaissance et les innombrables Voyage en Orient des écrivains européens manifestent cet attrait. Fuite du lieu de la mort, retour vers celui de la naissance du soleil, de la civilisation, de la religion. Ce tropisme vers l’Orient a fait et refait l’Europe. Mais ce retrait était, dans ses espérances mythiques, voué à l’échec, car la terre ne peut pas tourner dans l’autre sens : Europè n’est jamais revenue en Phénicie. Si bien que l’Europe a dû se résigner à être elle-même, se dire en dépit de sa préférence intime pour le malheur qu’elle était une terre joviale, non sans toutefois, dans son inquiétude foncière qui a engendré le drame et la tragédie, adopté le dolorisme chrétien, et, plus tard, conçu le romantisme, abandonner son désir de conquérir.

Héritière de l’empire romain, du christianisme et de la rationalité grecque, l’Europe, sentie comme une importante réserve d’hommes, s’est édifiée au Moyen Âge en tant qu’entité religieuse avec son centre spirituel localisé sur son propre sol, à Rome. Saint Colomban déclare à la fin du VIe siècle : « Le pape est le chef de toutes les églises de toute l’Europe ». Puis elle est devenue, chez Isidore de Séville, une terre de civilisation commune : « Tous les peuples de l’Europe ont tremblé devant les Goths » (Histoire des Goths). Bède le Vénérable, quant à lui, en précise les contours : elle couvre les territoires de la Gaule, de la Germanie et de l’Espagne, mais non l’Italie et les Îles Britanniques ! Ce qui ne laisse pas de surprendre. L’entreprise carolingienne en s’isolant de l’Empire d’Orient, donc de la Grèce, constitue une première construction de l’Europe. Angilbert, en 799, appelle Charlemagne « chef vénérable de l’Europe, roi et père de l’Europe, maître du monde et sommet de l’Europe » et le clerc Cathulf recommande au même monarque de rendre grâces à Dieu qui lui a donné la domination de l’Europe. Ajoutons que l’empereur germanique Henri II, au XIe siècle, sur le manteau de qui était brodé « Honneur de l’Europe » est pleuré à sa mort « par toute l’Europe ». La conscience de l’Europe s’éclipse ensuite du XIIe au XVe siècle et renaît au XVIe avec l’essor économique des Grandes Découvertes, la division religieuse de Luther et la monarchie de Charles Quint.

La découverte de l’Amérique voit le triomphe de l’Europe, encore que s’emparer de l’Ouest, non de l’Est, c’était seulement augmenter le domaine du Soir : les « Indiens » n’avaient pas d’âme ! Face à la sérénité, à la sagesse, à la contemplation qu’il continue d’imputer à l’Orient, l’Occident s’est regardé, sondé, exploré. En cherchant son image il avait exploité son étendue et ses profondeurs. En cherchant à fixer son image, l’Europe adopta l’écriture, venue d’Orient (invention lointaine attribuée à Cadmos, le frère d’Europè !), elle la simplifia et l’utilisa à l’envi au point de fonder enfin sa pérennité.

L’écriture arrête la pensée et détermine l’être des mots qui constituent l’outil par excellence de la conceptualisation et du raisonnement. Au lieu de chercher refuge dans l’Orient, l’Europe s’est établie et bâtie sur l’écriture et en fixant ses expériences dans la stèle, le parchemin et le papier a prétendu conjurer la fuite du temps. De là est venue une analyse du réel, une classification des événements, une conception du temps — l’invention de l’histoire, l’élaboration de calendriers et de la mesure de la durée —, la distinction dans le champ de la Connaissance de l’Art, de la Religion, de la Science et de la Technique, la découverte de la valeur de la personne humaine puis sa capacité d’initiative, sa liberté, son esprit critique et sa responsabilité. L’instinct de conquête s’est développé et systématisé.

L’Europe s’est élancée avec la conviction et la volonté de jouer un rôle de guide des autres peuples. Elle a fait la guerre sur son sol, elles a déployé ses dominations coloniales et mondiales, elle est devenue son histoire. D’après l’un des auteurs de l’Histoire générale de l’Europe (3 t., Presses Universitaires de France, 1980), les Européens, devenus plus lucides, ont fait l’amer constat que les guerres étaient nécessaires et absurdes, que le modernisme à entraîné les esprits dans son maelström rageur et que la sagesse a été perdue. Doutant d’eux-mêmes après les deux guerres mondiales, ils se sont repliés sur soi en lâchant la bride aux particularismes et aux communautarismes, à la contre-culture et à tout ce qui en découle : surréalisme, anti-patriotisme, « fête », musique indienne, rock, drogue, débridement sexuel, écologie, en un mot au rejet de la société dynamique qui était devenue le propre de l’Europe. Il y a eu retour mythique au morose désir de mourir, de la même manière que le soleil vient s’occire à l’ouest.

C’est ailleurs maintenant, presque dans le monde entier, que se développe ce qui a fait la vertu et la gloire de l’Europe : formation culturelle, innovation technique, productivité et discipline du travail, capacité de création et auto-critique salutaire.

Restent des valeurs véritables qu’il faut maintenir :

Le respect de la personne humaine (codifié dans les Droits de l’Homme),

L’individualisme pour le bien commun,

L’amour de la vérité, qui est adéquation au réel, associant démonstration logique, raisonnement mathématique et expérimentation critique,

L’attachement à la liberté,

Le sens de la mesure,

L’universalisme, c’est-à-dire, chez les Européens, un élan pour maîtriser le monde intérieur et extérieur, d’où le goût de rendre universelle leur pensée en vue de la réalisation de progrès,

Le respect de la raison, que manifeste la passion de la dialectique pour aboutir à la déduction qui entraîne une adhésion intime de l’esprit.

Ce programme qui mérite d’être mis en œuvre donne toute sa raison d’être à l’Europe dont la diversité de langues, d’idées et d’usages se résout dans cette défense humaniste. C’est là le noble sursaut d’un continent qui ne se sait que trop menacé de disparaître, mais qui comme le taureau d’Europè emporte son désir au cœur de la nuit à venir.

Jean-Paul Savignac

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